Appel à communications à destination des doctorant·e·s, chercheur·se·s et enseignant·e·s-chercheur·se·s

Dans le cadre du festival Raisons d’agir de Poitiers, le jeudi 7 avril sera une journée de présentation de travaux scientifiques consacrés aux rapports de domination et à l’action contre les dominations.
Coorganisée par les associations Raisons d’agir-Poitiers, les départements de sociologie de Poitiers et Limoges, et le GRESCO, elle aura lieu à l’Espace Mendès France, Centre de culture scientifique et technique à Poitiers. En proposant une rencontre entre chercheur·se·s et grand public, cette journée a pour objectif de placer les sciences sociales au cœur de la cité et de contribuer au développement de nouvelles formes d’engagement mobilisant la connaissance des phénomènes sociaux.
Nous invitons les doctorant·e·s, chercheur·se·s et enseignant·e·s-chercheur·se·s de toutes générations à nous adresser des propositions de communications conçues comme des actions de diffusion de la culture scientifique, en lien avec les rapports de domination. Il pourra s’agir de présentations de résultats sous des formes vulgarisées, récits d’enquête, présentations de matériaux bruts, photos ou vidéos, webdocumentaire, stories, BD ou mise en scène, dialogues avec des enquêtés ou des militants associatifs… Les communications devront durer de 10 à 15 mn et pourront être accompagnées de matériaux exposés tout au long de la journée.

Montrer, comprendre et agir contre les dominations

20 ans après la disparition de Pierre Bourdieu, la question des rapports de domination est au cœur de l’actualité. La lutte contre le harcèlement sexuel et pour l’égalité de genre dans tous les domaines de la vie occupe une place centrale dans les débats publics et dans les luttes sociales.
Les mobilisations contre les discriminations à base ethnique, culturelle ou religieuse restent particulièrement vives, à un moment où se révèlent l’importance de l’héritage post-colonial et le regain d’influence des courants réactionnaires.
La résistance à la domination de classe a pris de nouvelles couleurs avec le mouvement des Gilets jaunes, les luttes pour les services publics ou les grèves contre la surexploitation des travailleurs des nouveau secteurs du salariat.
Toute une partie de la jeunesse s’affirme en dissidence avec le vieux monde productiviste, contre les vieilles certitudes de tous ceux qui n’ont fait qu’accompagner la globalisation capitaliste.
Ces mobilisations du corps social s’articulent entre elles, se trouvent en convergence ou en tension, tout comme les rapports de domination qu’elles prennent pour enjeux sont eux-mêmes intriqués entre eux. Et les actions collectives ou les trajectoires d’émancipation individuelles ne sont jamais si exemplaires que lorsqu’elles arrachent les plus opprimés et les plus discriminés aux conditions de vie les plus marquées par le cumul des désavantages, des stéréotypes ou des stigmates.
Les mécanismes de la domination méritent d’être analysés en tenant compte des différents types de ressources dont disposent les individus et les groupes sociaux. Mais le rôle joué par les champs politique et médiatique ou par l’Etat est tout aussi important pour comprendre comment s’instaurent des formes d’imposition et de légitimation du monde tel qu’il est.
De la même façon, la place prise par les solidarités pratiques, par les résistances organisées ou par la diffusion de contenus culturels ou artistiques en rupture avec l’ordre des choses, doit être appréciée à sa juste valeur pour éviter tout discours fataliste et se donner les moyens de comprendre d’où naissent les mouvements de contestation et comment ils finissent par produire des espaces d’émancipation.
Sociologie, histoire, anthropologie, géographie, science politique, psychologie, philosophie ou sciences de l’éducation… ce sont en fait toutes les disciplines des sciences humaines et sociales qui se sont saisies de ces questions et ne cessent d’en éclairer de nouveaux aspects. Mais de façon complémentaire, les récits d’expériences individuelles ou collectives, la littérature, le cinéma et la musique, les arts en général, contribuent à exprimer et à donner à comprendre les expériences de domination.
Dans les deux cas, dès lors que l’on porte sur les faits un œil nouveau, donner la parole ou mettre des mots, présenter des matériaux d’enquête ou mettre en scène… tout cela peut être une manière de montrer comment les violences et les injustices sont partout au travail.
C’est dans cet état d’esprit, ouvert aux contradictions de la société actuelle et aux différentes façons de les comprendre et de s’en saisir, que nous souhaitons faire du festival Raisons d’agir 2022, un moment de partage de savoirs et de points de vue, d’éducation populaire et d’engagement.

Documents

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Modalités

Adresser une proposition de communications de 3.000 signes maximum espaces compris, indiquant le prénom et le nom des communicant·e·s, leurs affiliations institutionnelles, un titre, la question traitée, les résultats ou les matériaux présentés, les principales références bibliographiques et le format de présentation choisi, via le formulaire de réponse en ligne ou par mail à l’adresse : contact@festivalraisonsagir.org
 
Comité scientifique : Choukri Ben Ayed, William Berthomière, Jérôme Camus, Alexis Cukier, Etienne Douat, Ludovic Gaussot, Bertrand Geay, Pierig Humeau, Sébastien Jahan, Anne Jollet, Fanny le Bonhomme, Marie-Hélène Lechien, Aymeric Le Corre, Olivier Masclet, Clémence Michoux, Laurence Montel, Papa-Omar Ndiaye, Jean-Dilip Sen Gupta, Hélène Stevens, Anthony Thomas, Stéphane Vaquéro.

Festival Raisons d’agir – du 5 au 8 avril 2022
Tables-rondes, débats, projections, soirée festive
Avec Christine Bard, Etienne Davodeau, Jean-Baptiste Comby, Frédéric Lebaron, Franck Poupeau, Gisèle Sapiro et de nombreux chercheur.se.s, journalistes, artistes, collectifs d’habitants et militants associatifs. Découvrez l’évolution du programme sur le site : https://festivalraisonsagir.org/

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